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jeudi 27 août 2009

De l'agilité des légos et des logiciels afférents

Il faut bien avouer cette sombre évidence : un informaticien cherche toujours à ramener son travail à un jeu de légo.

Loin d'être un trouble obsessionnel compulsif, il lui semble que le monde devrait être plus simple, et devrait normalement se soumettre à la réduction induite par la modélisation.

Si la construction d'application s'apparentait à des Légos comme le sous-entend OSGi, on n'aurait pas besoin de développeur, il suffirait d'emboîter des composants les uns dans les autres. Or, l'innovation d'une application n'est pas là. Vous pouvez faire de très belles constructions en légo, mais l'utilité de celles-ci restera à démontrer par l'expérience. Le simple rapprochement de fonctionnalités dans une combinaison originale peut s'avérer intéressante dans certains cas, et toute une profession s'en contente largement en attendant la prochaine véritable innovation.

Au delà de la réduction à un jeu de légo, nombreux sont ceux qui cherchent à insuffler une marque de sérieux à une activité dénigrée dès qu'on prononce son nom : la programmation. Le mot programmation est connoté négativement par tous les professionnels et clients du secteur informatique. Ce terme ramène trop à la base de l'activité, au travail le plus bas niveau et pourtant le seul qui produise de la valeur réelle : la création d'un programme en vue de le faire exécuter par l'automate informatique. Pour cacher la dure réalité d'une profession de tapeur à la machine, nombre d'informaticiens ou pseudo-informaticiens se vêtissent d'un jargon sans cesse renouvelé pour mieux périmer les vieux termes et ceux qui les utilisent encore.

Aujourd'hui, seules les méthodes "agiles" sont considérées comme crédibles. Une pratique de développement logiciel qui ne s'apparente pas au mouvement "Agile" est à priori suspecte. L'ajout d'un adjectif comme agile à des noms déjà vagues, prête souvent à confusion, car cela pousse à croire que les objets en questions sont relatifs. Cela s'apparente au relativisme ambiant : le relativisme culturel que des intégristes religieux cherchent à promouvoir pour justifier leurs agissements dans certaines contrées, ou comme dernièrement, le Président de la République Française avec sa "Laïcité positive" (sous entendu, il existe une laïcité négative). Une méthode agile exclue toutes les autres et les ramène au rang de méthodes forcément non-agiles, donc lourdes, dépassées, ...

Hep, Hep, toi qui veux être dans le coup, sache que "Agile" est maintenant un terme dépassé, il faut parler de ARxTA ... "Agile", comme tout terme-réclame est utile aux professionnels, tant pour les clients que pour les fournisseurs de solutions. Cela permet de rapprocher des points vus autour de mots clés clairement identifiés, ce qui créé une sorte de communauté avec ses codes, son jargon, ses pratiques, techniques et traditions : une véritable culture en sorte.

Au delà de ces mouvements passionnés, des individualités surgissent, émergent, montre les nouvelles cimes à atteindre par leurs actions au jour le jour. Il est toujours étonnant de voir que malgré les énormes entreprises commerciales aux bénéfices records (même en ces temps de crise), de simples individus arrivent à imposer leurs créations comme autant de nouvelles évidences pour la profession. C'est pourtant dans de petits bureaux, dans de non moins petites salles IRC de discussions que se forgent les technologies de demain. Une startup sait qu'elle est sur la bonne voie quand elle peut produire son application sans recours à des fonds extérieurs, ces fonds ne servant qu'à accélérer plus ou moins un mouvement incessant et irréductible, dirigé vers la réussite.

Pour illustrer la capacité d'un individu à produire de petites merveilles, j'ai pensé vous faire profiter de la voix cristalline de Imogen Heap qui, aidé par un MacBook il est vrai, arrive, à elle seule, à oindre de saintes notes de ses propres mains dans nos esgourdes.



Non, on a beau dire que la perfection n'est pas de ce monde, mais le chemin de l'excellence cherche à nous y mener en tout cas, chaque jour nous ramenant à la dure réalité et à notre propre dépouillement face à la grandeur des exigences et contraintes de nos applications. Ce n'est pas ce qu'on appelle le mythe de Sisyphe ?

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