Styles

jeudi 5 février 2009

Les télécoms et leurs acronymes

Dans tout métier, il y a un jargon qui permet de parler plus rapidement de choses reconnues et employées par toutes les professionnels du domaine. Pour aller encore plus vite, on peut aussi employer des acronymes ou des abréviations. Ils permettent :
- d’accumuler en un minimum de lettre un ensemble de mots

- d’aider sa mémoire en fournissant de fait, des mnémoniques pour la remémoration de choses complexes, abstraites ou longues.
On peut aller encore plus loin en construisant des acronymes à partir d’autres acronymes, comme par exemple l’acronyme issu du domaine des Télécommunication : LNS qui veut dire L2TP Network Server, où L2TP veut dire Layer 2 Tunneling Protocol. On peut bien sur en citer d’autres : AJAX, GTK

Quand les acronymes d’un domaine professionnel arrive dans le grand public, on arrive souvent à des incompréhensions, des exclusions entre les personnes qui savent et les personnes qui ne comprennent pas.

Par exemple, l’acronyme PCMCIA bien connu des informaticiens, est inconnu pour la plupart des personnes qui achète un PC portable grand public, mais c’est pourtant un élément mis en avant sur les étiquettes destinées aux acheteurs. Aujourd’hui on n’en parle plus puisque personne ne comprend ce terme. Il y en a même qui ont finit par traduire PCMCIA par un rétro-acronyme : People Can't Memorize Computer Industry Acronyms.

Quel est l’informaticien qui a retenu ce que PCMCIA veut dire : Personal Computer Memory Card International Association Maintenant, les cartes PCMCIA sont appelée PC Card, terme hypergénérique qui ne veut rien dire en particulier si ce n’est que c’est une carte qui va dans un PC.

Le domaine des télécom est celui où j’ai vu le plus d’acronymes employés. Les acronymes sont parfois en français ou en anglais. Toute la journée, il n’y a pas une phrase où on n’emploie pas un. Ce sont parfois des acronymes du domaine des télécom, mais ce sont aussi des acronymes spécifiques à l’entreprise. Il faut plusieurs mois, voire plusieurs années pour s’y retrouver. Il y en a tellement que leur décomposition en mot n’est parfois plus connue par les gens qui les emploie.

Quand j’écoute mes collègues travailler, discuter, et quand je m’écoute parler (ça m’arrive souvent :) ), je me rends compte que réellement, toutes les phrases, sans exception, emploie au moins un acronyme. Comme derrière un jargon, il est facile de se cacher derrière eux. On a toujours l’impression de passer pour plus intelligent que l’on est, comme s’ils allaient de soi et que si vous ne le connaissez pas, c’est que vous êtes certainement dépassé.

Un des livres qui m’a permis de mieux comprendre l’ensemble des acronymes du domaine des télécoms est Telecommunications Essentials (2nd Edition) de Lillian Goleniewski. L’intérêt de ce livre est qu’il couvre l’ensemble du domaine, ce qui est assez impressionnant en 928 pages. Il ne rentre pas dans les détails les plus infimes de chaque protocole, technologie ou standard, mais va suffisamment loin pour permettre une compréhension solide de tout ce qui a trait aux télécoms (du champ électromagnétique aux architectures de service sur IP, en passant par le bon vieux téléphone RTC…)


Mais tout cela prend du temps, bien qu’ayant eu une formation en informatique et télécommunications, il faut quand même plusieurs années pour maîtriser l’ensemble des acronymes qu’il est nécessaire d’utiliser pour construire les offres de service de télécommunication d’aujourd’hui. Car, comme dans la plupart des domaines, une entreprise offre une valeur ajouté à un client, quand elle arrive à intégrer l’ensemble des technologies (on parle souvent de convergence, puisque des technologies différentes, voix, réseau, video, services, convergent vers une offre de service particulière au client). Or pouvoir construire des offres convergentes, nécessite de comprendre la multitude de technologies en présence, même s’il n’est pas nécessaire de les maîtriser.

Au-delà des acronymes, le jargon des informaticiens est parfois imagé et enrichi par des néologismes, et étrangement, le français n’est pas délaissé. En voici un florilège :

- Babasse: nom générique pour un ordinateur (voir aussi ordi ou bécane). Son utilisateur s'appelle un babasseur, on dit souvent babasseur fou quand il y a excès.

- Brouteur : Jeu de mot avec le terme routeur, machine qui achemine les paquets réseaux. Fréquemment utilisé lorsque celle-ci sature.

- CLCLMPALC : Comité de lutte contre les messages persos à la con : message utilisé principalement par les amoureux de la langue française, de l'orthographe, de la syntaxe, et des belles phrases, en guise de contestation à l'émergence d'un nouveau style d'écriture, se retrouvant dans les messages personnels dans certains logiciels de messagerie instantanée, ou encore dans les forums.

- Impacter : avoir un effet

- Interface chaise-clavier : surnom péjoratif donné à l'utilisateur. Souvent utilisé comme manière détournée de dire qu'un problème informatique a comme origine l'utilisateur.

- PetitMou : Traduction française (péjorative) du nom de Microsoft (micro = petit et soft = tendre, doux, ou mou dans le cas présent) En vogue dans les années 1990, probablement apparu avec Windows 95.

- Plat de spaghettis : Se dit d'un programme non structuré, dont le déroulement est aussi aisé à suivre que de trouver les extrémités correspondantes de spaghettis dans une assiette.

- Prout : Abréviation française peu élégante du terme iproute, ou routage IP.

- Usine à gaz: lorsque, généralement suite à de nombreuses maintenances successives ou en raison d'une mauvaise identification des cas généraux au profit des cas particuliers, un logiciel est devenu trop compliqué et inefficace, il devient "une usine à gaz". Sa refonte et la suppression du code mort sont alors impératifs.

- Windaube : Surnom irrévérencieux donné au système d'exploitation Windows de Microsoft afin de stigmatiser ses imperfections.

Je ne vous parle pas des acronymes récursifs qu’affectionnent les hackers.

Aucun commentaire: