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mardi 13 janvier 2009

Mémorisation, apprentissage et éducation

Tout le monde cherche à être "productif". Mais on peut vouloir être productif dans son travail :
  • soit pour pouvoir faire plus avec autant de temps,
  • soit pour pouvoir faire la même chose avec autant de temps mais avec beaucoup moins d'effort.
En informatique, où les lazy programmeurs sont légions, c'est souvent le deuxième point qui est mis en pratique. C'est bien sur mon cas. Les outils, techniques, procédures, templates servent à faire autant avec beaucoup moins d'effort. Tous ces artifices sont le reflet des limites de nos capacités mentales et physiques... S'il y a bien un domaine où je suis limité c'est ma mémoire. J'ai toujours du mal à retenir des choses sur le long terme...


C'est pour cette raison que j'ai découvert avec énormément de bonheur que les techniques et mnémoniques décrites dans Your Memory de Kenneth L. Higbee, fonctionnent et son vraiment puissantes. Je me suis dit, quand à essayer de nouvelles techniques pour apprendre à mémoriser, la première chose à apprendre est l'ensemble des techniques d'apprentissage décrites dans ce livre.

J'ai utilisé la mnémonique de liaison (Link Mnémonique) pour apprendre l'ensemble des éléments essentiels du livre. Un des principes évoqués est l'organisation du contenu à apprendre. On oubli beaucoup plus vite du contenu non-structuré par rapport à du contenu organisé logiquement. Il est donc conseillé d'organiser ce que l'on apprend autour d'un système d'archivage mental ("mental filing system"). Les mnémoniques sont des outils puissant, mettant en œuvre naturellement tous les principes de base de la mémorisation, dont l'organisation.

Ainsi, j'ai commencé par apprendre la liste des chapitre sur une première chaine de liaison mnémonique, puis sur chaque chapitre j'ai créé une sous chaine de liaison mnémonique pour tous ces sous-chapitres, etc. jusqu'à arriver à mémoriser chaque idée principale de chaque sous-chapitre de chaque chapitre. Ce qui est étonnant c'est avec quelle facilité on arrive à apprendre des choses concrète et visuelle par rapport à des choses abstraites. Grâce à la mnémonique de liaison, on mémorise uniquement des aides à remémoration sous forme d'objet concret et nets, mis en scène avec les objets suivants à travers des scènes frappantes pour l'esprit.

Suite à ce petit succès, qu'est-ce qu'il serait intéressant de retenir pour être encore plus productif en tant qu'informaticien : les design patterns du GoF ? bof..., Java for dummies ? Certainement pas. Tous les trucs et astuces pour nettoyer la maison, évidemment, car avec ça, on optimise le temps passé sur une activité essentielle, cela permet après de se concentrer sur l'informatique. Bon, ok, on peut toujours faire appel à une femme de ménage...

Personnellement, s'il y a un seul bouquin informatique pour lequel je serais prêt à investir du temps à en mémoriser les bonnes pratiques, c'est Code Complete 2 de Steve McConnell, car c'est un bouquin assez "intemporel" (le mot fait rire en informatique) et est assez bien organisé. Mais bien sur, la programmation ne s'apprend pas dans les livres, mais uniquement avec la machine pour interlocuteur.

Il y a la mémoire à court-terme, la mémoire à long-terme et la mémoire sensorielle. Cette dernière sert aussi grandement en informatique. En effet, la mémoire sensorielle est ce qui est le plus essentiel en informatique car c'est elle qui vous permet de taper sur votre clavier à la vitesse d'un éclair. La vitesse de frappe est ce petit secret inavouable du monde de l'informatique. La productivité d'un programmeur se mesure au nombre de caractères à la minute qu'il est capable de débiter puisque le résultat de son travail passe par le clavier.

Enfin, quel que soit le type de mémoire, j’ai toujours l’impression que les techniques de mémorisation sont méprisées par les enseignants, quelles sont vues de haut et ne sont pas considérées comme suffisamment noble comme peuvent l’être la compréhension, la pensée créative et critique, pour être étudiées et transmises à travers de véritables cours d’apprentissage. Kenneth L. Higbee nous rappelle très clairement ce qu’il en est :

Two points may be made regarding the role of memory relative to loftier goals or “more laudable, higher mental processes” in school. First, whether we like it or not, there is lot of straight memory work in school. Education consists of “basic school tasks” involving list and paired-associate learning, as well as “complex school tasks” like meaningful prose learning. […] The fact is that the loftier educational goals are in addition to, not instead of, memorization.

[…] The second point regarding the role of memory in education is that remembered facts serve as the basis for the loftier goals.
Je me rappelle du collège et du lycée, je trouve qu’il aurait été intéressant de connaître ces techniques à ce moment là. Enfin, le passé n’existe plus, seul le présent est important mais la mémoire s’écrit au futur.

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