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mercredi 8 octobre 2008

Moyens de mieux vivre la prestation de service

En France, le secteur des SSII (Sociétés de Service en Ingénierie Informatique) est fleurissant. Malheureusement, le travail réalisé par leurs employés n'est pas toujours des plus valorisant du simple fait que les clients ne maîtrisent pas ou peu l'outil informatique. Par conséquent, les contrats négociés entre client et SSII se basent surtout sur le TJM (Taux Journalier Moyen) plus que sur l'objectif de la mission de service ou l'expression précise du besoin métier.

Nombre de missions au forfait ou en "assistance technique" sont très peu exprimées au niveau métier, la réflexion et l'analyse de système n'ayant pas ou peu été menée en interne chez le client avant de lancer un appel d'offre.

Cet état de fait abouti souvent à faire travailler directement un employé de SSII dans les équipes du client sans objectif clair sur la mission de service. Cela est prohibé par la loi et nommé « prêt illicite de main-d’oeuvre » et « marchandage dans le cadre d’un contrat pour prestation de services ».

Cette situation se rencontre malheureusement souvent. Elle est rarement poursuivi en justice, ou alors uniquement dans des cas retentissants. Si vous vous demandez si vous êtes dans ce cas, demandez vous si vous vous sentez plus intégré dans les équipes du client qu'à votre SSII. Si c'est le cas, cela montre que la SSII n'apporte aucune valeur ajoutée au client, si ce n'est un rôle de société d'intérim.

Pour éviter d'être dans cette situation là, vous pouvez entreprendre plusieurs actions :

- demander un ordre de mission : quand une société vous envoie sur le site d'un client particulier de façon régulière, elle doit préciser les modalités de prestation par un "Ordre de Mission". Comme on peut le lire sur munci.org :
L’ordre de mission constitue un contrat de prestation (Droit du commerce), signé en sus du contrat de travail (Droit du travail). Il doit être en effet libellé pour protéger le salarié détaché et non pas pour transformer son lien à l’employeur.

Sans y mettre les formes, cela risque de permettre petit à petit de transformer le salarié "presté" de SSII en mission en clientèle en "indépendant" à qui l’on va réclamer des résultats. Alors que le Droit du Travail n’attend du salarié que des moyens, puisqu’il n’est pas fournisseur au même titre que le commerçant, sous-traitant, etc.

- définir la liste exhaustive des livrables attendus de la prestation de service : cela peut-être de simples compte-rendus, l'important est d'expliciter l'engagement de la SSII envers le client.

- organiser une réunion de suivi régulière de la prestation, au minimum tous les 3 mois : en effet, le suivi de mission a pour objectif de reprendre la liste des livrables définis dans l'ordre de mission et d'en vérifier l'avancement. Par un tel suivi, on empêche la mission de dévier vers des tâches non prévues initialement.

- à chaque réunion de suivi, se demander si la SSII contribue d'une manière ou d'une autre à la prestation. Notamment, avez-vous des contacts avec des personnes pratiquant le même métier que vous, dans le même domaine. Avez-vous des échanges avec d'autres personnes de votre métier dans votre entreprise ?

Le métier d'informaticien peut être très gratifiant quand on est capable de mesurer le travail réellement effectué, la valeur réellement apportée au client.

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