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lundi 14 juillet 2008

Un boufficiel de plus : le système d'exploitation

Il n'y a plus besoin de recherche sur les systèmes d'exploitation depuis les années 70. Comme nous le rappelle fort bien Linus Torvald :
Heureusement, je n'ai jamais senti de pression pour suivre les microkernels. L'université d'Helsinki fait de la recherche sur les système d'exploitation depuis les années 60, et les personnes là-bas, ne voient plus les noyaux des systèmes d'exploitation comme des sujets de recherche. En un sens, ils avait raison : la base des systèmes d'exploitation, et par extension du noyau Linux, sont bien connus depuis le début des années 70. Toute chose après ça a été, à un certain niveau, un exercice d'auto-gratification.
Les Un*x, Windows et autres systèmes d'exploitation, sont construits autour d'implémentations très similaires, voire même identiques. Notamment la couche réseau Windows, qui fut longtemps basée sur l'implémentation BSD et qui seulement récemment à été re-développée.

On peut se demander pourquoi redévelopper une couche réseau extrêmement éprouvée à tous les niveaux (performance, sécurité, etc.). En effet, il y a de grandes chances qu'on voit réapparaître des bugs critiques sous Windows qui ont déjà été résolus il y a longtemps sur la couche réseau BSD.

Mais c'est certainement pour implémenter les nouvelles spécifications IPv6, IPsec, MobileIPv6 (c'est d'ailleurs aussi l'objet du projet KAME sur BSD)

Mais je pense aussi que ça fait parti de la logique de ce boufficiel. Microsoft dispose d'un ensemble de programmeurs qu'il doit bien occuper à quelque chose sous peine de perdre la connaissance du fonctionnement interne de Windows ! En effet, le code de Windows n'est plus documenté et est donc difficile à comprendre. C'est ce que nous raconte Gene Michael Stover à travers son expérience à Microsoft :
Chez Microsoft, si vous voulez savoir comment utiliser une fonction de Windows, vous êtes censés lire le code source de cette fonction pour apprendre comme elle marche et comment l'utiliser.
Notre mémoire étant volatile, seules des personnes qui travaillent régulièrement sur ce logiciel peuvent continuer à comprendre celui-ci. C'est tout le problème. Microsoft ne peut pas réduire la voilure, ne peut pas réduire le nombre de développeur sur Windows sans risquer de perdre de la compétence.

Heureusement, ce problème se marie fort bien avec une disposition réelle des utilisateurs à préférer leurs souhaits à leur besoins, à s'enthousiasmer pour n'importe quelles nouvelles fonctionnalités, comme nous le rappelle Niklaus Wirth dans A Digital Contrarian Retires :
Les programmes fiables et transparents ne sont généralement pas intéressant pour un concepteur de logiciel. Les souhaits des utilisateurs comptent plus que leurs besoins.
L'informatique a donc encore de beaux jours devant elle, ... ainsi que les systèmes d'exploitation :)

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